AÏSSA MAÏGA : MEILLEUR ESPOIR FÉMININ DU RACISME ANTI-BLANCS

Venue présenter le prix du meilleur espoir féminin, le vendredi 28 février, Aïssa Maïga a saisi l’instant pour en appeler à plus de diversité dans le cinéma français. Comme pour obtenir un peu plus de lumière des feux de la rampe et répondre à un insatiable désir de gloire, l’actrice qui n’a pas obtenu beaucoup de distinction cinématographique dans sa carrière s’est lancée dans une fureur accusatoire contre les blancs. Éprise d’un intense sentiment mêlé de justice et de rage, elle s’imagina sous forme d’une lanceuse d’alertes, une héroïne vengeresse et courageuse, une porte-parole d’un discours inédit. Aïssa Maïga a eu tout faux.

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L’EXALTATION DE LA COULEUR NOIRE, QUAND TOUT LE RESTE FAIT DÉFAUT

Faisant l’exégèse de ce discours, une idée claire est sortie du lot : le cinéma est désormais dans l’obligation de faire toute la place à la minorité noire, non pas en vertu de ses talents artistiques réels ou supposés, mais de ses souffrances et de ses discriminations. La jeune actrice l’explique à l’auditoire blanc : « vous tous qui n’êtes pas forcément impactés par les questions liées à l’invisibilité ou aux stéréotypes et à la couleur de la peau, la bonne nouvelle c’est que ça va pas se faire sans vous ! ».

Et d’ajouter : « Quand vous allez voir des équipes de tournage, des équipes techniques, des castings monochromes, quand vous êtes dans les instances de décisions, quand vous êtes dans les lieux où on décide où vont les financements, pensez inclusion ! Pensez inclusion ! ».

Aïssa n’attend plus que le recrutement se fasse à la loyale, mais demande un traitement de faveur à l’égard des noirs. Si nous convenons qu’appeler à plus d’intégration et de diversité dans le cinéma part sans doute d’un bon sentiment, la démarche est extrêmement maladroite, car elle réduit les individus de couleur à n’être que des objets de pitié aux yeux du monde. Il ne s’agit plus de les regarder comme des citoyens à part entière, mais plutôt comme des victimes qui subissent des préjudices, et qui doivent bénéficier d’un traitement de faveur compte tenu de leur couleur. C’est ainsi qu’une personne de couleur noire devra utiliser sa couleur de peau comme une fin en soi, un moyen de promotion qui éclipse toutes ses compétences, tout ses talents, toute son originalité, toute sa singularité. Cette logique, profondément raciale, ne permettra pas aux individus concernés d’accéder au respect auquel ils ont droit. Au contraire, elle nourrira l’idée qu’ils ont décroché leur rôle au cinéma « par compassion », « par charité » ou « pour répondre aux quotas ». C’est là tout le problème, et c’est pour cela que le discours d’Aïssa est haïssable.

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Mais le point le plus grave est celui-ci : au cours de sa vive interpellation qui exaltait l’inclusion, la comédienne sénégalaise a imputé aux blancs un délit de racisme alors que c’est elle qui le commettait. Obsédée comme d’une idée fixe par la couleur de peau des acteurs, la jeune femme s’est mise à compter les noirs présents dans la salle, reproduisant ainsi les pires traits de la ségrégation qu’elle prétend combattre. Cette vision rétrograde qui veut distinguer en permanence les gens de couleurs  signe le retour d’un séparatisme ethnique historique. Loin d’ignorer cette réalité, l’actrice l’utilise à des fins pernicieuses : elle entremêle son discours d’inclusion tout en intensifiant la différence entre les blancs et les autres, qu’elle qualifie de « non blancs ». Cette fois-ci, il ne s’agit plus d’un racisme venant des blancs, mais d’un néo-racisme en vogue venant des noirs. C’est grâce à ce néo-racisme décomplexé qu’Aïssa Magaïa a pu libérer sa parole. Sous couvert d’en appeler à la diversité culturelle, la comédienne née à Dakar a pu déverser tout son dédain, tout son mépris, tout son ressentiment et tout son racisme des blancs, sur une audience silencieuse à majorité blanche qui semblait lui donner la bénédiction. C’était sans compter sur de nombreux internautes qui ont répondu à la jeune femme en lui clouant le bec, à l’image de de Nadine Morano :

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Le combat d’Aïssa Magaïa ne vise pas une transformation révolutionnaire des rapports sociaux. Il est la démonstration d’une volonté de voir la minorité noire intégrer les structures dominantes de l’industrie cinématographique, afin de renverser la table d’un cinéma que l’activisme noir estime trop blanc à son goût. Ce que cet activisme veut, c’est de pouvoir imposer ses opinions raciales à toute une industrie. Nous passerions ainsi d’une hiérarchie ecclésiastique blanche à une hiérarchie ecclésiastique noire. La discrimination, elle, n’aurait pas disparu d’un pouce. Elle aurait juste changé de camp. Vous avez dit raciste ?

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