#MIDTERMS : MAKE TRUMP GREAT AGAIN?

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On prédisait une vague bleue, un « ressaisissement » des américains, un « miracle démocrate ». Il n’en fut rien. Mardi 6 novembre, les plaques tectoniques de la politique américaine n’ont quasiment pas bougé. Si le parti de Donald Trump a perdu de peu la Chambre des Représentants, il a conservé le puissant Sénat, sortant même renforcé du scrutin. Cette élection à mi-mandat confirme toute l’envergure d’un mouvement devenu mondial. Élections après élections, nous assistons à l’ébranlement des démocraties socio-libérales ; à l’effondrement des gauches. Et à un retour systématique de l’autoritarisme. Mais que s’est-il passé ? Quelle mouche a piqué les électeurs ? Un vent mauvais souffle-t-il sur le monde ? Le ciel est-il en train de s’assombrir ? Faut-il parler de « lèpre nationaliste » et de « retour des années 30 », comme l’a évoqué le Président Macron ? Absolument pas. L’effondrement des démocraties socio-libérales, ouvertes, globalisées, multiculturelles et interconnectées, n’est pas le fruit du hasard. Les peuples ne se sont pas soudainement transformés des hordes de fascistes, racistes, réac et xénophobes. Les coupables ne sont ni les électeurs, ni les élus. Donald Trump (États Unis), Jarosław Kaczyński (Pologne), Sebastian Kurz (Autriche), Viktor Orban (Hongrie), Matteo Salvini (Italie) et Jair Bolsonaro (Brésil) ne sont que les conséquences naturelles de causes bien plus profondes.

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Qui est donc à l’origine de l’écœurement, de la rage et de la fureur des peuples, qui se mettent à réclamer des frontières et de l’autorité ? Les démocraties socio-libérales elles-mêmes ! Restées bien au chaud dans leur période de gloire et se considérant comme la forme gouvernementale la plus aboutie de l’Histoire, elles n’ont pas vu que le monde avait changé. Que le contexte n’était plus le même. Que la crise migratoire exaspérait. Que l’époque s’était durcie. Et que de nouvelles conflictualités – économiques, religieuses, identitaires, civilisationnelles – étaient à l’ordre du jour (par leur faute).

Aujourd’hui, elles paient le prix de mesures impopulaires et dévastatrices qu’elles ont imposées à des peuples qui ne les avaient pas demandées. Elles récoltent le fruit de leur désinvolture, de leur laxisme et de leur incapacité à faire face aux nouveaux termes des débats publics. Ce sont elles qui, par leur politique, ont ouvert la voie à des régimes conservateurs, nationaux, protectionnistes et autoritaires. Les démocrates peuvent s’en mordre les doigts : loin d’avoir déstabilisé ou affaibli Trump, ils l’ont renforcé au Sénat.  Après avoir joué des coups d’esbroufe gagnants pendant des décennies de règne, la coupe du désenchantement démocrate semble pleine. Les illusionnistes socio-libéraux d’outre-Atlantique auront bien du mal à réanimer leur parti, désormais à l’agonie.

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